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Libreville : un mois après le drame du lycée Fondation Mbelé, l’enquête au point mort, la famille exige la vérité


Libreville : un mois après le drame du lycée Fondation Mbelé, l’enquête au point mort, la famille exige la vérité

Les deux adolescents, Pierre Rayane Ondo Olomo et Jérémie Emmanuel Mbe Olé, Credit:© 2026 D.R./Le Radar

Un mois après la découverte des corps de deux élèves du lycée Fondation Mbelé, à Libreville, l’enquête peine à avancer, suscitant incompréhension et indignation au sein des familles.

Dans la nuit du 21 au 22 mars 2026, Pierre Rayane Ondo Olomo et Jérémie Emmanuel Mbe Olé, tous deux âgés de 16 ans et élèves en classe de terminale, ont été retrouvés sans vie sur une plage située à proximité du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC). Une enquête a été ouverte dès le 22 mars par le Service des droits humains de la Police judiciaire.

Mais à ce jour, les zones d’ombre restent nombreuses.
Contacté hier, le père de Pierre Rayane, Olomo Ondo Aristide, exprime une profonde frustration face à ce qu’il considère comme une absence manifeste de progrès.

« L’enquête est clairement dans une impasse. Malgré les éléments que nous avons transmis, aucune avancée significative n’a été enregistrée » , déplore-t-il.

Des pistes ignorées et des négligences dénoncées

Parmi les points soulevés par la famille figurent des manquements jugés préoccupants. Les caméras de surveillance situées à proximité de la plage, ainsi que celles installées en face du domicile de la grand-mère de la victime, au PK9, n’auraient toujours pas été exploitées.

Plus troublant encore, plusieurs témoignages n’auraient fait l’objet d’aucun suivi : une femme présente sur la plage au moment des faits, une serveuse affirmant avoir vu plusieurs élèves sur les lieux, ainsi que des camarades de classe, notamment des jeunes filles avec qui les victimes devaient se retrouver.

« À ce jour, nous ignorons même si ces personnes ont été entendues » , s’inquiète le père.

Le 7 avril 2026, lors d’une visite au parquet, le procureur a donné instruction à un agent de la Police judiciaire présent de reprendre l’enquête en établissant un soit-transmis. Une décision qui suscite des interrogations : cet agent n’aurait jamais été impliqué dans cette affaire auparavant. En posant des questions, le procureur aurait constaté des dysfonctionnements, d’où sa demande de mieux documenter l’enquête.

Cette décision fait suite, selon le père, au rapport du médecin légiste concernant Jérémie, qui aurait particulièrement retenu l’attention du procureur. Alors que les services de la Police judiciaire semblaient vouloir boucler rapidement le dossier, ce dernier aurait exigé une reprise des investigations.

Selon la famille, le rapport du médecin légiste mentionne un élément troublant : Jérémie Emmanuel Mbe Olé aurait reçu un coup au visage avec un objet non identifié.

« Comment peut-on clore une enquête avec de tels éléments sans explication ? » , s’interroge le père.

Une famille en quête de vérité

Face à ce qu’elle perçoit comme un manque de rigueur et de transparence, la famille de Pierre Rayane Ondo Olomo appelle désormais les autorités à reprendre sérieusement les investigations et à faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame.

Un mois après les faits, une question demeure : que s’est-il réellement passé cette nuit-là sur cette plage de Libreville ?

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