Image illustrative ( leradar.ga) Credit:© 2026 D.R./Le Radar
Les internautes gabonais vont devoir revoir leurs habitudes. Hier, le Journal Officiel a publié l’ordonnance n°0011/PR/2026 du 26 février 2026, qui encadre strictement l’usage des réseaux sociaux et plateformes numériques dans le pays.
Le régime actuel impose un cadre juridique strict, sans débat parlementaire, avec plus de 50 articles qui redéfinissent l’espace numérique gabonais.
Traçabilité et fin de l’anonymat
L’ordonnance met fin à l’anonymat en ligne. Tout utilisateur doit fournir :
Nom et prénom
Domicile
Numéro de téléphone
Numéro d’identification (le cas échéant)
Tout partage ou amplification de contenu illicite engage la responsabilité de l’internaute, au même titre que l’auteur initial. Les administrateurs de groupes ou pages sont également responsables des contenus publiés dans leurs espaces.
Protection des mineurs et contrôle algorithmique
La majorité numérique est fixée à 16 ans.
Les plateformes doivent bloquer certaines fonctionnalités, limiter les contacts avec des inconnus et filtrer les contenus violents ou sexuels.
Des audits techniques seront menés pour contrôler les algorithmes.
Cette mesure soulève des enjeux de liberté d’expression et de souveraineté numérique.
IA : marquage obligatoire et sanctions
Les contenus générés par intelligence artificielle sont strictement encadrés :
Interdiction des deepfakes sexuels et des faux propos attribués à des personnalités publiques.
Marquage visible obligatoire pour tous les contenus IA.
Les plateformes doivent agir dans les 24 heures en cas de signalement, sous peine de sanctions.
Référé numérique et sanctions lourdes
Le texte crée un référé numérique :
Suspension de comptes ou de contenus en urgence
Restriction de fonctionnalités ou ralentissement temporaire d’un réseau jusqu’à 72 heures
Les sanctions prévues :
Amendes : 2 à 50 millions de FCFA
Peines de prison : jusqu’à 10 ans en cas d’usurpation d’identité via IA
Un texte controversé
L’ordonnance est présentée comme un outil de régulation et de protection, mais elle est aussi vue comme un instrument de contrôle politique. Fin de l’anonymat
Responsabilité du partage
Suspension temporaire de plateformes
Ralentissement du trafic internet
Le Parlement n’ayant pas été consulté, le débat pourrait désormais se tenir dans l’opinion publique.