Gabon / Jeux de hasard : l’État veut reprendre la main sur un secteur devenu incontrôlable
Le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation auditionné par les députés à l’Assemblée nationale Credit:© 2026 D.R./Le Radar
Les députés de la Commission Planification et des Affaires économiques ont consacré leur séance de ce mercredi 20 mai à un dossier sensible la ratification de l’ordonnance encadrant les jeux de divertissement, d’argent et de hasard. Au Palais Léon Mba, ils ont auditionné Adrien Nguema Mba, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, venu présenter les fondements de cette réforme stratégique.
Lire aussi
Depuis plusieurs années, les jeux de hasard connaissent une croissance fulgurante au Gabon. L’essor des plateformes numériques, souvent basées hors du territoire, a transformé un marché autrefois limité aux opérateurs locaux.
Résultat : un secteur devenu difficile à surveiller, où les flux financiers échappent en partie aux mécanismes de contrôle nationaux.
Une vue de l’audition
L’État se retrouve face à un marché qu’il ne maîtrise plus totalement.
Le projet de loi arrive à un moment où plusieurs signaux d’alerte se sont accumulés :
• des failles juridiques persistantes ;
• des risques de fraude et de blanchiment ;
• une érosion des recettes publiques ;
• une exposition croissante des jeunes aux jeux en ligne.
La réforme vise donc à restaurer un cadre souverain, en consacrant le monopole de l’État sur l’ensemble des activités liées aux jeux de hasard.
L’ordonnance n°0010/PR/2025 ambitionne de refonder la gouvernance du secteur.
Au-delà de la dimension sociale, la réforme répond à une préoccupation centrale
la souveraineté économique sur un secteur à fort potentiel fiscal.
Cette orientation marque une volonté assumée de réappropriation nationale.
Angelico Manasse E.
